Mais qui était Diguine Hasmig ?

Madame "Diguine Hasmig" KUTNERIAN  

née le 14 mars 1906 à Adabazar (Turquie) et décédée le 13 Avril 1981 à Paris 14ème (France).
Elle subi le génocide perpétré par les turcs, son père a été tué aux environs de leur village ou ils purent l'ensevelir, puis exilée avec sa mère et ses deux soeurs vers le fameux désert de Deir Zor. Elles survécurent à ce calvaire et, réussirent à s'échapper à Izmir en se réfugiant chez les soeurs catholiques. Elles furent sauvées par la marine française et conduites en l'île de Chypre. En 1926, l'UGAB cherchant une institutrice pour ouvrir la première école arménienne en France, elle se présente, elle n'a que 20 ans.

 Elle devient la plus jeune et la première institutrice en langue arménienne à l'école arménienne de Décines, où elle aura Rosy Varte comme élève.
Ensuite elle ouvrira aussi la première école de Nice, puis de Lyon. 
A Paris, l'église Apostolique Arménienne de la rue Jean Goujon, cherche une secrétaire, elle se présente, mais en 1940 l'état d'esprit des membres de l'euphorie est loin d'accepter une femme à un tel poste. Sur l'intervention de personnalités hautement placées de l'UGAB, elle fut acceptée. Elle s'implique corps et âme dans son travail, au service de ses compatriotes, qui n'avaient pas encore retrouvé des attaches.
Durant la guerre,1939/44, elle faisait partie de la troupe de Théâtre Arménienne de Paris sous la direction de Mr de Bagradite (sociétaire de la comédie Française) ou Mr Khorène Papazian. Les autres acteurs furent Chakhatouni, Kempétian, Dervichian, les Aznavourian etc.. Ceci lui servait de couverture pour circuler librement dans Paris, surtout ramener des vêtements pour habiller les soldats soviétiques que son mari Zarmaïr faisait évader et qu'il cachait à Bagneux.

En 1945, elle reçut la médaille de la résistance avec son mari. Elle fit partie du Comité des Fêtes de Bagneux. C'est en 1946, avec l'accord de l'archevêque et de l'Eûphorie, qu'elle créa une école arménienne à l'emplacement du dispensaire désaffecté. Elle eut l'idée de former et de faire danser les jeunes filles pour la fête de fin d'année. Constatant le plaisir des parents, elle y ajouta les garçons. Ce fut à chaque fois un succès et on lui demanda de les produire dans les manifestations de la communauté. Ainsi, de fêtes en évènements les jeunes s'affirmèrent. Ainsi, cette jeune troupe de danse fut la première en France, en devenant, LES BALLETS ARMÉNIENS "SOSSI" (qui signifie en arménien, peuplier). 

Elle adhéra à la Fédération Nationale des Groupes Folkloriques pour la Culture Française (section étrangère), sous l'égide du ministère de l'éducation Nationale. Ainsi la troupe se produisit dans toutes les villes françaises ou les manifestations folkloriques ont lieux telles que: Vichy, Charolles, Confolans, Nantes, Amélie-les Bains, Lyon, Valence, Marseille, La Rochelle, à la Cité Universitaire Internationale de Paris et à la Sorbonne pour "Les Peuples qui chantes" etc... Puis ce fut l'étranger, l'Italie, le Portugal, l'Allemagne, l'Algérie, la Belgique, la Grèce  et ils furent reçu officiellement deux fois à Erevan (Arménie) où ils obtinrent un franc succès.

Elle fut priée d'accepter le poste de secrétaire de l'UGAB, square Alboni où elle oeuvra durant quinze années. Lors d'une grande représentation des ballets "Sossi" pour sa 25ème année d'existence, au Théâtre des Champs-Élysées, elle fut décorée par Monsieur Joseph Comiti, secrétaire d'État auprès du Premier ministre, de la médaille d'argent des Arts et Traditions. Elle créa le groupe de musique Sayat Nova qui accompagna les Ballets dans ses déplacements. Elle fut invitée par le Président de l'UGAB, Alec Manoogian aux États-Unis, afin de préparer une tournée de la Troupe au complet durant un mois.

Tout sur les ballets sossi

Hélas, la maladie la frappa brusquement et elle nous quitta en silence. Ceux qui l'on approchée et connue, ne peuvent pas l'avoir oubliée, car ils ont vécu avec elle des moments intenses de leur enfance, de leur jeunesse, de leur adolescence, reçu un conseil qui a adouci leurs peines ou, elle a animé leur mariage.

Elle a aidé ses compatriotes, en leur inculquant l'arménité, la religion, l'honneur de la race, la défense de la Cause Arménienne, l'intégration dans le pays d'accueil qu'avait été pour eux et pour nous, notre patrie, la France. Ils auront toujours une pensée pour " Diguine Hasmig".  HOMMAGE